Démarchage téléphonique : horaires autorisés, règles et sanctions 2026
Par Océane Kerbrat · · 8 min de lecture
Tout savoir sur le cadre légal du démarchage téléphonique en France : jours et plages horaires autorisés, obligations Bloctel.
Le démarchage téléphonique reste le moyen le plus rapide d’obtenir un rendez-vous décisionnaire, et le plus encadré juridiquement. Depuis le durcissement successif des textes, une PME qui appelle des particuliers sans vérifier ses obligations s’expose à des sanctions administratives lourdes. Voici le cadre à connaître avant de composer le premier numéro, et la manière dont il s’applique aux campagnes assistées par IA.
Horaires : ce qui est autorisé

Pour le démarchage des consommateurs, la réglementation française encadre strictement les créneaux : les appels sont autorisés en semaine, du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Ils sont interdits le samedi, le dimanche et les jours fériés. Le nombre de sollicitations d’un même consommateur est également plafonné, et un professionnel ne peut rappeler une personne ayant refusé avant un délai de plusieurs semaines.
Bloctel, consentement et opposition
Tout professionnel qui démarche des consommateurs par téléphone doit interroger la liste d’opposition Bloctel et purger ses fichiers des numéros inscrits, sauf relation contractuelle en cours. Le manquement est sanctionné par la DGCCRF, avec des amendes administratives pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros pour une personne morale. Côté données, le RGPD impose une base légale, une information claire et le respect du droit d’opposition, qui doit être exécuté immédiatement.
| Obligation | Cible | Risque en cas de manquement |
|---|---|---|
| Respect des horaires légaux | Consommateurs | Amende administrative DGCCRF |
| Purge Bloctel | Consommateurs | Amende administrative, jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros |
| Base légale et information RGPD | Tous | Sanction CNIL, jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial |
| Droit d’opposition traité sans délai | Tous | Sanction CNIL, atteinte à la réputation |
| Information sur le caractère automatisé de l’agent | Tous | Non-conformité au règlement européen sur l’IA |
Prospection B2B : un régime différent, pas une zone libre
Contacter un professionnel sur sa ligne directe pour un sujet relevant de sa fonction est possible sur la base de l’intérêt légitime. Trois conditions doivent être réunies : le message doit être en rapport avec le métier de la personne, son origine de données doit être documentée, et le refus doit être respecté sans discussion. La différence entre prospection acceptée et harcèlement perçu tient rarement au droit, elle tient à la pertinence.
Le taux de décroché varie du simple au triple selon le secteur et le créneau horaire choisi.
Baromètre national de la prospection téléphonique B2B
Enregistrement des appels : quatre règles
- Informer l’interlocuteur dès le début de l’appel, y compris pour les appels entrants.
- Justifier une finalité précise : formation, preuve, amélioration de la qualité.
- Fixer une durée de conservation limitée et l’appliquer réellement.
- Restreindre l’accès aux enregistrements aux personnes qui en ont besoin.
Agent vocal IA : les obligations spécifiques
Un agent vocal automatisé ne change pas les règles précédentes, il en ajoute une : la transparence. L’interlocuteur doit pouvoir comprendre qu’il s’adresse à un système. La formulation compte : « Bonjour, je suis l’assistant automatisé de la société X » fonctionne mieux qu’une mention technique en fin de phrase. Nos relevés montrent un impact inférieur à deux points sur la poursuite de conversation — le coût de la conformité est ici négligeable au regard du risque.
Il faut aussi prévoir un chemin de sortie humain : toute personne qui demande à parler à quelqu’un doit être transférée ou rappelée. C’est une exigence de bon sens avant d’être une exigence réglementaire, et c’est l’un des critères que nous notons dans nos comparateurs d’outils.
Une check-list avant campagne
- Origine du fichier documentée, avec date d’acquisition et fournisseur.
- Purge Bloctel effectuée pour toute cible consommateur, datée et archivée.
- Créneaux d’appel paramétrés dans l’outil, pas seulement rappelés à l’oral.
- Script contenant l’identification de l’entreprise et, le cas échéant, de l’agent automatisé.
- Procédure d’opposition testée : combien de clics pour retirer un contact ?
- Durée de conservation des enregistrements configurée dans la plateforme.
Une fois ce socle en place, la performance redevient une question de méthode : ciblage serré, créneau adapté au secteur, script court, relance disciplinée. Notre article sur le plan de prospection en 7 étapes détaille cette partie. Et si votre difficulté est de tenir la cadence de rappel dans les créneaux autorisés, l’agent vocal d’AirAgent applique ces règles horaires de façon mécanique, ce qu’aucune équipe humaine ne fait parfaitement sur la durée.
Ce que change l’usage d’un agent vocal IA dans ce cadre
Un agent vocal ne bénéficie d’aucun régime dérogatoire : les mêmes plages horaires, les mêmes obligations d’identification et les mêmes droits d’opposition s’appliquent. Trois précautions supplémentaires s’imposent toutefois. D’abord, l’agent doit annoncer sa nature automatisée dès les premières secondes ; la transparence est à la fois une exigence de loyauté et, dans les faits, un facteur d’acceptation. Ensuite, toute demande de ne plus être appelé doit être enregistrée immédiatement et propagée au CRM, sans dépendre d’une reprise manuelle. Enfin, l’enregistrement éventuel des conversations suppose une information claire et une durée de conservation définie.
Sur trois cents appels sortants pilotés par agent vocal, l’annonce explicite du caractère automatisé n’a pas dégradé le taux de rendez-vous ; elle a en revanche divisé par deux les réactions hostiles en début d’échange.
Relevé de campagne, 2026
Bâtir une procédure interne défendable
En cas de contrôle, ce qui protège une entreprise n’est pas sa bonne foi mais sa traçabilité. Quatre pièces suffisent à constituer un dossier solide, et elles se mettent en place en une demi-journée.
- Une preuve de filtrage. Conservez la date et le récépissé de chaque passage de fichier sur la liste d’opposition, ainsi que le nom du prestataire utilisé.
- Un registre des oppositions. Un tableau daté suffit, à condition qu’il soit alimenté automatiquement par l’outil d’appel.
- Un script validé. Il doit contenir l’identification de l’entreprise, le motif de l’appel et la mention du droit d’opposition.
- Une purge documentée. Précisez la durée de conservation des numéros non aboutis et appliquez-la réellement.
Former l’équipe pour rester conforme sans perdre en efficacité
La conformité échoue presque toujours au même endroit : au moment où un commercial pressé improvise. Une formation courte, refaite deux fois par an, suffit à supprimer l’essentiel du risque. Elle tient en trois messages simples. D’abord, l’identification en premier : nom, entreprise, motif, en moins de dix secondes ; cette clarté augmente d’ailleurs le taux d’écoute plutôt qu’elle ne le réduit. Ensuite, l’opposition se traite immédiatement : la demande est enregistrée pendant l’appel, jamais notée sur un papier à reporter plus tard. Enfin, l’insistance n’est pas une technique : au-delà d’un refus explicite, le rappel devient un risque juridique et commercial.
Sur le plan opérationnel, deux réglages d’outil font le reste du travail : un verrouillage des plages horaires directement dans le logiciel d’appel, qui rend matériellement impossible un appel hors créneau, et un plafond de tentatives par contact et par période. Ces garde-fous protègent l’entreprise sans dépendre de la vigilance individuelle, y compris les jours de forte pression sur les objectifs.
Océane Kerbrat
Rédactrice en chef · acquisition B2B · 12 ans d'expérience
Océane Kerbrat a passé douze ans à faire décrocher des téléphones. Elle a d'abord piloté des équipes de vente sédentaire, puis dirigé l'acquisition d'un éditeur de logiciel français, où elle a appris que la performance d'une campagne se joue rarement dans le discours et presque toujours dans l'organisation qui l'entoure. Elle teste chaque outil sur ses propres campagnes avant d'écrire une ligne à son sujet : volumes réels, durée réelle, coûts réels. Ce qui l'intéresse dans une méthode, ce sont autant ses angles morts que ses résultats — la question n'est jamais « est-ce que ça marche ? » mais « à quelles conditions, pour qui, et à quel prix ». Elle refuse toute rémunération des éditeurs testés et publie les points faibles de chaque solution, y compris celles qu'elle recommande.